Alors que l’utilisation intensive de la visioconférence est devenue, depuis plus d’un an, la nouvelle norme professionnelle, l’apparition d’un nouveau phénomène, la « Zoom Fatigue » a suscité l’intérêt des chercheurs de l’université de Stanford qui ont décidé de réaliser une étude sur cette nouvelle forme de mal-être professionnel. D’après leur étude, l’excès de réunions virtuelles pourrait avoir un impact négatif sur notre santé psychologique.

Comment expliquer cet épuisement psychologique et lutter contre ce dernier ?

  1. La « Zoom Fatigue », quésaco?
  2. Les raisons qui expliquent cette fatigue psychologique.
  3. Quelques conseils pour échapper à cet épuisement.

1. La « Zoom Fatigue », quésaco ?

Le télétravail, largement plébiscité depuis plusieurs mois, a favorisé l’émergence de la visio comme nouvelle solution de communication professionnelle. Si son utilisation était, à première vue, bénéfique pour nous réunir aussi bien personnellement que professionnellement, la tendance s’est inversée depuis quelques temps. En effet, ces différentes plateformes de collaboration ne présentent malheureusement pas que des avantages.

Le recours intensif à ces outils a généré en France, chez de nombreux étudiants et télétravailleurs, un certain épuisement moral lorsqu’ils se connectent à leur énième réunion virtuelle de la journée. Nos voisins d’Outre-Atlantique ont même donné un nom à cette lassitude professionnelle connue dans le monde entier : la « Zoom Fatigue ». Par définition, la « Zoom Fatigue » est une fatigue psychologique causée par une surutilisation des plateformes de réunion, qui entraîne une détérioration du bien-être mental des personnes concernées et peut avoir de graves répercussions sur leur santé psychologique.

Quelles sont les causes de cette « Zoom Fatigue »?

2. Les raisons qui expliquent cette fatigue psychologique.

La « Zoom Fatigue » n’est pas uniquement engendré par l’utilisation excessive de la vidéo conférence comme moyen de communication. En effet, de nombreux facteurs, qui semblent parfois insignifiants, favorisent l’émergence de cette fatigue psychologique qui constitue un réel mal-être professionnel.

  • Des contacts visuels trop rapprochés

Lorsque vous avez une personne en face de vous, il est facile de regarder le narrateur principal et les différents participants dans les yeux, de détourner le regard pendant un court instant ou encore de prendre des notes. Lors d’une réunion à distance via les outils Zoom, Teams, Google Meet ou Skype, les participants se regardent en permanence, sans jamais détourner les yeux, ce qui fatigue plus et plus rapidement notre cerveau. De plus, la taille des visages sur les écrans est loin d’être naturelle et va fatiguer davantage notre cerveau qui doit analyser davantage de données et d’informations, ceci demandant un effort supplémentaire.

  • Se voir en permanence

La plupart des gens ne s’admirent pas devant un miroir, ils s’auto-critiquent. Il en va de même lors d’une conversation à distance. Voir notre visage pendant plusieurs minutes voire plusieurs heures peut nous déconcentrer, nous perturber, et même, dans certains cas, devenir une source de stress supplémentaire. En effet, nous nous attardons sur nos expressions faciales et sur d’autres détails qui n’ont aucun lien avec la conversation en cours.

  • Une mobilité réduite voire inexistante

Les appels téléphoniques sont synonymes de liberté puisqu’ils nous offrent la possibilité de faire les cent pas, d’aller boire un verre d’eau ou même de nous étirer en pleine conversation. Pour la visioconférence, les choses sont totalement différentes. Afin de rester dans le champ visuel de notre webcam, bon nombre d’entre nous sommes contraints de rester assis devant notre écran d’ordinateur pendant toute la durée de la visioconférence, sans possibilité de réaliser même les mouvements les plus simples pour nous dégourdir. Un problème technique sur notre ligne internet ou un souci informatique peuvent également nous contraindre à rester près de notre box et à limiter nos mouvements afin de bénéficier d’une connexion optimale pour nos réunions.

  • Une charge cognitive beaucoup trop élevée

La communication non verbale est aussi importante que la communication verbale, puisqu’elle traduit, de façon naturelle, notre attitude et nos réactions aux différents propos qui sont tenus. S’il est facile d’émettre et de repérer ces signaux lors de rencontres en présentiel, les choses sont beaucoup plus compliquées lors d’une visioconférence puisque nous devons faire des efforts considérables et exagérés pour transmettre une réaction. Selon le chercheur en Jeremy Bailenson, « Si vous voulez montrer à quelqu’un que vous êtes d’accord avec lui, vous devez faire un signe de tête exagéré ou lever le pouce. Cela ajoute une charge cognitive lorsque vous utilisez des calories mentales pour communiquer. »

3. Quelques conseils pour échapper à cette fatigue.

Puisque le télétravail s’est imposé comme la nouvelle norme professionnelle, les échanges virtuels se sont multipliés pour permettre aux collaborateurs de communiquer sans se rencontrer. Face à la démocratisation de la visioconférence comme outil de collaboration, il est indispensable d’établir des « règles » pour que la Zoom Fatigue ne prenne pas le dessus sur notre journée de travail.

Voici quelques conseils pour échapper à cette Zoom Fatigue ou pour atténuer ses effets négatifs.

  • Rendez facultative l’utilisation de la vidéo

L’utilisation de la vidéo lors d’une visioconférence n’est pas toujours indispensable. Lorsqu’il s’agit d’une visio au cours de laquelle la participation est attendue, il est bien évidemment conseillé d’activer sa caméra. Cependant, nous pouvons utiliser cette dernière uniquement lorsque nous parlons, afin de créer un compromis.

Lors de réunions plus « passives » telles que des sessions de formation, les différents participants ne devraient pas être obligés d’utiliser leur caméra afin que le présentateur de la réunion soit en permanence au centre de l’attention.

  • Désactivez votre retour vidéo

Lorsque nous interagissons avec une personne en société, nous voyons leur visage, naturellement, mais nous ne voyons pas le nôtre. Pourquoi cela devrait-il être différent lors d’une conférence virtuelle ? Voir notre tête en permanence n’est pas naturel et cela peut créer, à court ou long terme, de profonds complexes.

Pour remédier à ce problème, il existe des fonctionnalités permettant de masquer notre caméra de notre vue, tout en la laissant visible pour les autres participants. C’est le cas de la plateforme de communication Zoom, qui propose une fonction « me cacher », pour désactivez notre propre retour vidéo.

  • Privilégiez les appels téléphoniques

Toutes les réunions professionnelles ne nécessitent pas forcément d’avoir recours aux visioconférences. Bien souvent, un simple appel téléphonique ou un mail seraient suffisants pour traiter les différents sujets à l’ordre du jour. Les conférences téléphoniques nous offrent davantage de souplesse puisque nous pouvons prendre vos appels de n’importe où et nous ne sommes pas forcés de rester assis derrière notre écran. Enfin, nous ne sommes pas obligés d’être sur notre 31 pour prendre part à une conférence téléphonique, alors que cela est nécessaire lors d’une vidéoconférence puisque l’image que nous renvoyons est importante.

  • Établissez un ordre du jour

Une visioconférence qui s’éternise dans le temps favorise le sentiment de « Zoom Fatigue » chez les participants qui se déconcentrent petit à petit. Pour remédier à ce problème et éviter que les réunions virtuelles durent plusieurs heures, il est nécessaire que chaque personne établisse, préalablement, un ordre du jour pour définir clairement les points qui devront être traités dans le temps imparti. Définir un sujet précis nous permet ainsi de limiter la durée d’une réunion, mais également d’éviter que les participants s’éloignent trop du sujet principal déterminé auparavant.

  • Définissez des temps de pause

Enchaîner les réunions virtuelles ne nous mènera à rien, si ce n’est à la « Zoom Fatigue ». Pour mener à bien des réunions productives et efficaces, il est indispensable de nous octroyer des temps de pause entre nos différentes communications. Jeremy Bailenson et les chercheurs de l’université de Stanford estiment qu’il faut environ 10 minutes à chaque participant pour décompresser et clôturer complètement une réunion avant de passer à la suivante. Nous améliorerons significativement notre taux de productivité et de concentration au travail en nous accordant des courtes pauses entre les conférences virtuelles.